
Chirurgie du ligament croisé antérieur du genou

Durée
d'hospitalisation
1 à 2 jours

Durée
d'intervention
1 heure

Durée
d'arrêt de travail
4 à 12 semaines

Type d'anesthésie
Loco-régionale ou générale

Reprise
du Sport
6 à 9 mois
QU’EST-CE QU’UNE RUPTURE DU LIGAMENT CROISE ANTERIEUR ?
Le ligament croisé antérieur (LCA) est l’un des principaux ligaments du genou. Il se situe au centre de l’articulation et relie le fémur (os de la cuisse) au tibia (os de la jambe).
Son rôle est essentiel : il assure la stabilité du genou dans les mouvements de rotation et/ou déplacements latéraux. Grâce au LCA, le genou reste stable lors de la marche, de la course, des changements de direction ou des sauts.
Une rupture du ligament croisé antérieur correspond à une déchirure partielle ou totale de ce ligament. Elle survient le plus souvent lors d’un traumatisme, sportif ou domestique, notamment pendant la pratique du football, du ski ou du basketball. Le mécanisme est souvent un mouvement brusque : pivot, changement rapide de direction / contre-pied, réception de saut ou plus rarement, choc direct.
Lors de la rupture, la personne peut ressentir une douleur vive, parfois accompagnée d’un bruit de craquement, suivie d’un gonflement rapide du genou et d’une sensation d’instabilité. Cette rupture peut être parfois plus discrète, voire passer inaperçue.
Une fois la phase traumatique passée, le genou redevenu souple et indolore, s’installe la laxité antérieure chronique. Celle-ci se manifeste par une laxité anormale à l’examen physique, et, parfois, par des sensation d’instabilité.
Lorsque le LCA est rompu, le genou perd une partie de sa stabilité, ce qui peut gêner les activités quotidiennes ou sportives.
Selon la gravité de la rupture, l’âge et le niveau d’activité de la personne, le traitement peut être conservateur (rééducation par kinésithérapie) ou chirurgical, avec une reconstruction du ligament.



POURQUOI FAUT-IL OPERER ?
Historiquement, l’indication de reconstruction du ligament croisé antérieure reposait sur l’instabilité, rendant impossible la reprise des activités sportives. Cela nécessitait une longue période de rééducation et des sollicitations répétées sur un genou instable, souvent responsable de complications secondaire avant la réalisation de la chirurgie.
Aujourd’hui, l’indication chirurgicale repose sur plusieurs critères : la sensation d’instabilité, la laxité lors de l’examen physique en consultation, l’âge et le profil sportif.
Une laxité importante suffit le plus souvent à poser une indication chirurgicale car elle mène rapidement à des complications secondaires venant péjorer le pronostic à moyen et long terme.



EN QUOI CONSISTE L'INTERVENTION ?
L’objectif de l’intervention est de restaurer la stabilité du genou et de lui redonner un fonctionnement biomécanique le plus proche possible de la normale.
Il faut pour cela reconstruire le LCA. Il s’agit d’une greffe ligamentaire, pour laquelle un tendon est prélevé, soit au sein des ischio-jambiers, soit sur le tendon rotulien ou quadricipital. L’intervention est réalisée sous arthroscopie en réalisant de petites incisions.
Après préparation, la greffe est insérée dans des tunnels osseux (fémoral et tibial), en lieu et place de l’ancien ligament, et mise en tension, de manière à assurer immédiatement le rôle de stabilisation du genou.
Il faudra en revanche respecter une période de cicatrisation longue pour laisser le temps à la greffe de se transformer en ligament et s’intégrer biologiquement dans l’articulation. Cette période d’intégration, incompressible, dure minimum 6 mois.



QUELLES SONT LES SUITES POST OPERATOIRES ?
Après une ligamentoplastie du ligament croisé antérieur (LCA), les suites post-opératoires s’organisent de la manière suivante :
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Un traitement anti-inflammatoire et antalgique vous est prescrit par votre chirurgien.
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Il n’y a pas d’immobilisation du genou. La mobilisation est encouragée afin d’éviter l’enraidissement et de favoriser une bonne récupération fonctionnelle.
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La marche se fait au départ avec des béquilles, afin de sécuriser l’appui et de limiter la douleur. L’appui est généralement progressif, en fonction du confort du patient et des consignes médicales.
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Les pansements sont simples et doivent être refaits uniquement si nécessaire, jusqu’à une bonne cicatrisation. Il n’y a aucun fil à retirer : les sutures sont entièrement résorbables.
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La rééducation débute à partir de J8-J10 en général en libéral chez un kinésithérapeute. Elle vise progressivement à récupérer la mobilité du genou, renforcer les muscles de la cuisse, améliorer la stabilité et retrouver une marche normale.
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Appliquer de la glace sur le genou opéré 3 à 5 fois par jour, pendant 20 min, en particulier après les séances de rééducation ou en cas de douleur.
QUELS SONT LES RISQUES ?
En plus des risques communs à toute intervention chirurgicale et des risques liés à l’anesthésie, notons quelques risques plus spécifiques à cette chirurgie :
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Une raideur articulaire peut se développer si la rééducation post-opératoire n’est pas bien prise en charge.
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Des réactions inflammatoires exacerbées correspondent parfois à une algodystrophie. Cependant, de nouveau traitements existent et permettent de gérer plus facilement cette complication rare.
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Il est possible que la zone opérée saigne et qu’il se forme un hématome. En fonction de son importance, une évacuation peut être nécessaire.
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La survenue d’une infection de l’articulation reste exceptionnelle puisque le geste chirurgical est réalisé sous arthroscopie. Cette complication connue nécessite un lavage du genou et la mise sous antibiotiques plus ou moins longues avec éventuellement une reprise chirurgicale.
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Des petits caillots de sang solidifié peuvent se former et se coincer dans les veines des jambes occasionnant une phlébite et nécessitant un traitement anti-coagulant pendant plusieurs semaines.
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Les risques énumérés ne constituent pas une liste exhaustive. Votre chirurgien vous donnera toute explication complémentaire et se tiendra à votre disposition pour évoquer avec vous chaque cas particulier avec les avantages, les inconvénients et les risques de l’intervention.